Le tout récent Cahier de la Cour des Comptes adressé au Parlement Régional Bruxellois révèle des anomalies majeures dans la gestion interne de la société Néo, société fondée à parts égales entre la Ville de Bruxelles et la Région de Bruxelles-Capitale pour piloter le réaménagement du plateau du Heysel. Ce document pointe en effet un usage illégal et partiellement non-justifié de cartes de crédit par son administrateur-délégué, Henri Dineur (PS).

Pour Ecolo, ce nouvel exemple flagrant de mauvaise gouvernance souligne la nécessité d’une présence systématique de l’opposition dans les organes de gestion publics de la Région et de la Ville de Bruxelles. « Alors que cette société est détenue à 50 % par la Région de Bruxelles-Capitale, que deux commissaires du Gouvernement y sont désignés, il aura fallu attendre le travail de la Cour des Compte pour prendre l’administrateur-délégué le doigt dans le pot de confiture, » s’insurge le député bruxellois Ecolo Arnaud Pinxteren.

La Cour des comptes relève ainsi que ‘l’octroi d’une carte de crédit à l’administrateur délégué de NEO est en contradiction avec l’article 6 de l’ordonnance du 12 janvier 2006 précitée, selon lequel les organismes publics ne peuvent octroyer une carte de crédit à leurs mandataires publics et recommande de retirer la carte de crédit mise à disposition du mandataire public’.

Outre le fait que la Cour des comptes fait un précieux point sur les constructions juridiques pour le moins alambiquées de la constellation Néo, le document dénonce l’utilisation illégale et partiellement injustifiée de carte de crédit par l’administrateur délégué socialiste Henri Dineur.

« Les organismes publics ne peuvent octroyer une carte de crédit à leurs mandataires publics et Néo est concerné par cette interdiction. Le retrait précipité des cartes de crédit litigieuses une fois leur usage critiqué par la Cour des compte en atteste, » ajoute Arnaud Pinxteren.

« Le plus choquant est très certainement les manquements en terme de justifications. Deux retraits en espèce sans pièce justificative associée ont ainsi été effectués. On le savait déjà, certains à la Ville se croient tout permis. Cela doit cesser ! » s’indigne Zoubida Jellab, co-cheffe de groupe Ecolo-Groen à la Ville de Bruxelles. « Nous constatons également l’irrespect répété de la mise en concurrence pour des consultations juridiques. Certains bureaux de consultance ont ainsi été clairement favorisés et ont touché des montants non négligeables. Il est temps de mettre de l’ordre dans ce dossier, » ajoute-elle.

Ecolo appelle donc à un sursaut éthique dans les structures opaques du plateau du Heysel et à un contrôle renforcé, notamment au travers de la présence de représentants de l’opposition régionale et communale dans l’ensemble des organismes publics.