Le Gouvernement bruxellois a présenté ce mercredi matin au Parlement bruxellois la nouvelle et définitive version du Plan régional de développement durable (PRDD), un an et demi après une première version, soumise à enquête publique. Le Gouvernement se targue d’avoir intégré des éléments des 6.000 remarques et avis issus de l’enquête, le forçant à une refonte importante du document.

Les députés ont reçu en séance le document de près de 200 pages qui ne semble plus soumis dorénavant à aucune concertation, ni possibilité d’ajustement. L’affaire serait donc bouclée…

Le PRDD est, de fait, mieux structuré et plus complet dans cette version et comprend, enfin, une introduction qui trace un projet de ville. Sur le fond, les objectifs sont davantage chiffrés et des lignes de force intéressantes apparaissent, comme la nécessité de trouver dans différents quartiers toutes les fonctions indispensables de la ville (la ville polycentrique).

Néanmoins, ce Plan souffre de faiblesses importantes et de contradictions internes.

«Pour un plan qui se veut durable, on s’étonne de ne pas voir les enjeux climatiques au cœur de la réflexion ou de constater qu‘une plus grande place est donnée au projet d’élargissement du Ring qu’à la création d’espaces verts», relève le député écologiste Arnaud Pinxteren.

Pour son collègue Alain Maron : « le Plan constate la nécessité de produire des logements financièrement accessibles et en même temps, ne se donne strictement aucun moyen concret, y compris dans les zones stratégiques dont le foncier est pourtant public ».

« Aujourd’hui, les Bruxellois suffoquent sous la pression automobile, 2/3 d’entre eux qui sont en âge de conduire n’ont pas leur permis. Les solutions de mobilité passent par les transports publics, pourtant les solutions proposées par le PRDD ne sont ni pragmatiques ni rapides à mettre en place », déplore Céline Delforge qui plaide pour une amélioration du réseau de surface avec des lignes de trams et bus en site propre, à haute intensité de service.