Jeudi dernier, la ministre CDH bruxelloise de l’Environnement annonçait avec grand fracas que la Région bruxelloise allait sortir du diesel en 2030. Une annonce qui allait durer deux jours, le temps pour ses collègues, et singulièrement Didier Gosuin, de dénoncer l’effet d’annonce.

Les écologistes déplorent ce qui apparaît de plus en plus, dans le chef de la Ministre bruxelloise de l’Environnement comme une posture plutôt qu’une conviction. « Il est évident que la lutte contre la pollution de l’air est une question sensible et difficile. Mais jeter de la poudre aux yeux en faisant croire qu’on agit là où en réalité il n’y a pas de consensus, c’est regrettable et inconséquent », déplore le député écologiste Arnaud Pinxteren. « Regrettable car le sujet est sérieux et nécessite plus que jamais des mesures courageuses, et collégiales, pour venir à bout de ce véritable fléau ; inconséquent car les utilisateurs ne savent plus ce qu’il y a lieu de faire ou de ne pas faire ».

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Depuis plusieurs semaines, de nombreux parents d’écoles bruxelloises se mobilisent chaque vendredi pour dénoncer la mauvaise qualité de l’air dans leur ville et réclamer des mesures concrètes. Ils sont inquiets, à juste titre, au regard des résultats des campagnes de mesure alarmantes effectuées par le Bral et par Greenpeace.

Dans le cadre de leur campagne “NO2 Pollution“, menée avec plus de 150 volontaires, Ecolo et Groen ont également mesuré la qualité de l’air dans 12 communes bruxelloises entre février et mars 2018. Les résultats obtenus, après validation scientifique, ne devraient malheureusement pas les rassurer : 36 points de mesures dépassent la limite européenne (40 μg/m³ de dioxyde d’azote-NO2), limite qui se situe déjà au-delà de la moyenne annuelle recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

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« Entre effet d’annonce et annonce sans effet, la frontière est très mince… », souligne Arnaud Pinxteren qui rappelle que, pour les écologistes, ce n’est qu’en diminuant le nombre de voitures à Bruxelles, qu’elles soient diesel ou essence, que les taux de pollution diminueront structurellement. Ce n’est qu’en diminuant le nombre de voitures à Bruxelles qu’on arrivera à une meilleure qualité de vie en ville. Et c’est en soutenant les transports en commun, les voitures partagées et la mobilité active qu’on rendra Bruxelles plus agréable pour ses habitants et ses usagers.

Arnaud Pinxteren, député bruxellois