Une grenouille plongée dans l’eau bouillante réagit aussitôt et saute en dehors de la casserole pour sauver sa vie. Une grenouille plongée dans de l’eau qu’on fait progressivement chauffer jusqu’à ébullition ne voit pas venir le danger et finit par mourir. Bien sûr, le parallèle entre cette expérience bien connue et l’état de notre société aujourd’hui semble évident.

Imaginez. Nous sommes en 2013. Soudain, on vous dit : à partir de maintenant, il y aura des militaires en rue, des membres du gouvernement auront régulièrement des paroles racistes, on pourra perquisitionner chez vous pour délit de solidarité, des rafles seront organisées dans les parcs pour arrêter des migrants, on mettra des enfants en prison pour les expulser, qu’il peut arriver qu’un policier tire sur une camionnette pleine de réfugiés pour tenter de l’arrêter, qu’un enfant pourrait être ainsi abattu, que les parents et le petit frère pourraient être enfermés immédiatement et recevoir un ordre de quitter le territoire et que le président du premier parti de la coalition pourrait les accuser d’être responsables de la mort de leur fille. Nous sommes en 2013 et on vous explique aussi que les libéraux seront activement à la manœuvre de ces changements. Passée la sidération, la résistance se serait rapidement mise sur pied et la population se serait révoltée jusqu’à empêcher que tout cela arrive.

Pourtant, nous sommes en 2018 et tout cela se passe ici et maintenant. Mais ce climat étouffant et écœurant s’est installé progressivement, insidieusement, depuis la mise en place du gouvernement fédéral en 2014. Aujourd’hui, la mort de la petite Mawda Shawri, tuée par la police d’une balle en pleine tête dans un contexte de chasse aux migrants doit être le degré de trop dans la casserole. Celui qui fera réagir chacune et chacun d’entre nous et sauter hors de l’eau bouillante. Nous devons tous exiger que le gouvernement assume sa responsabilité dans ce drame. Nous ne pouvons nous contenter de la règle qui postule qu’on ne démissionne pas du gouvernement si on est de la NVA. Nous devons tenir face au rouleau compresseur du populisme et du racisme, face aux attaques et aux accusations indignes contre ceux qui veulent tirer la sonnette d’alarme. Il en va de notre honneur de démocrates.

Guillaume Defossé, Arnaud Pinxteren et Rajae Maouane
Coprésidents Régionaux

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