Ils sont deux. Un papa et sa fille de deux ans. Ils sont couchés face contre terre sur une rive du Rio Grande. Elle est blottie contre lui dans son t-shirt. Il tentait de la protéger. Il n’a pas réussi. Le courant de la peur, de la haine et du repli sur soi était trop fort. Il a emporté Oscar et Valeria, comme il a emporté des centaines, des milliers d’autres espérant une vie meilleure, une vie décente en fuyant la misère et la violence. Ils ont rejoint l’iconographie de l’horreur au côté de Aylan et Mawda.
Ils sont quarante-deux. Ils ont été repêchés en Méditerranée par un bateau humanitaire alors qu’ils dérivaient sur un canot pneumatique. Ils ont failli grossir les rangs des 100 000 migrants noyés en Méditerranée depuis 2014. Ils sont confinés depuis deux semaines sur ce bâtiment à qui l’on refuse l’entrée au port.
Elle est capitaine du Sea Watch 3. Elle a décidé de refuser l’ordre qu’elle a reçu des autorités de faire route vers la Libye et a forcé l’entrée des eaux territoriales d’Italie pour débarquer en sécurité les migrants qu’elle a secourus comme le lui intime le droit international de la mer. Elle risque 15 ans de prison. Carola Rackete est une héroïne.

Ils ont de belles cravates, des chaussures en cuir cirées, des coiffures de gendres idéaux. Ils vomissent leur idéologie nauséabonde et meurtrière dans les médias (sociaux en particulier) avec un sourire éclatant. Ils sont entrés en force dans les parlements belges et européens en manipulant l’opinion et en jouant sur les peurs et les fragilités. Ils sont main dans la main avec les Salvini, Trump et autres Le Pen. Ils sont dangereux.
Les démocrates ne peuvent passer sous silence les conséquences de l’application des politiques d’extrême-droite. Les démocrates doivent se rassembler pour lutter pied à pied contre les marchands de haine. On ne discute pas avec l’extrême-droite, on discute avec ses électeurs, on les écoute, on sécurise leur avenir en luttant contre les inégalités. On n’applique pas non plus leur programme avant eux pour soi-disant leur couper l’herbe sous le pied. Car il ne s’agit de rien de moins que d’une question de vie ou de mort et chaque vote pour l’extrême-droite est une balle de plus dans leur chargeur.

Guillaume Defossé, Rajae Maouane, Barbara de Radiguès
Co-président.e.s de la Régionale Ecolo Bruxelles

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