Le 27 septembre, ça représente quoi pour vous ? Un jour comme les autres ? Des concerts gratuits sur la Grand Place de Bruxelles ? Une journée compliquée parce que les enfants n’ont pas école ? Allez, au mieux les concerts, parce qu’on a de super artistes ici. Au pire les ennuis, parce que les enfants à la maison, quand on bosse… vous me suivez ?

Pour le reste, Fédération Wallonie-Bruxelles ou Communauté française, peu importe comment on l’appelle, on n’est pas si nombreux à se rendre compte de ce qui se cache derrière. La faute à personne, sauf peut-être à certains politiques qui ne s’en soucient pas, ou souhaitent même sa disparition. Dommage, parce que ce qui se cache derrière, c’est un trésor ! C’est le bien-être et l’avenir de nos enfants, dans les crèches, dans les écoles, dans l’enseignement supérieur, dans les services d’aide ou de soutien. C’est ce qui nous relie et nous émancipe, nous qui parlons la même langue, à travers la culture, les journaux, la radio, la télé, l’éducation permanente. La Communauté française, c’est tout ce qui aide à construire des personnes, libres, indépendantes, bien dans leur peau. C’est aussi tout ce qui les relie, dans une identité, mais aussi dans la diversité et le respect de chacun. C’est elle qui devrait nous aider à dépasser nos différences, nos peurs, à aimer ce qui nous rassemble plutôt que détester ce qui nous sépare.

Mais la « Communauté » – le mot est fort – remplit-elle toutes ces attentes, tous ces beaux projets ? Lorsqu’on entend les jeunes dire que leur avenir sera moins beau que la vie de leurs parents ou lorsqu’on voit les études internationales qui pointent la faiblesse de notre enseignement… on peut en douter. Le plus intolérable dans tout ça ? C’est de voir que les inégalités subsistent et se reproduisent d’année en année entre les enfants, par manque de volonté et de courage politique.

La crise politicienne provoquée par le cdH en juin dernier a aggravé la situation. La coalition actuelle PS-cdH est maintenue, faute de solution apportée par celui qui a provoqué le chaos. Une ambiance de méfiance permanente risque de s’installer jusqu’aux prochaines élections. Et pendant ce temps, les enfants, les jeunes, les familles sont les premières victimes de ce climat malsain. C’est insupportable. C’est de la politique comme on n’en veut pas. C’est cinq ans de perdus. C’est catastrophique.

Nous, chez Ecolo, nous voulons pourtant continuer à y croire et proposer des solutions plus justes et plus durables. Nous voulons que le 27 septembre soit à nouveau une fête de tous les citoyens de Bruxelles et de Wallonie. C’est pour cela que nous allons continuer à nous battre, à notre niveau, pour aller vers une réelle gratuité de l’école, afin que tous les enfants aient les mêmes chances dès leur plus jeune âge. Nous voulons aussi que le métier des enseignants soit revalorisé et que leur formation les arme mieux pour leur boulot essentiel. Les profs, ce sont eux qui forment nos enfants. Ce sont eux qui ont une partie des clés de leur avenir. Aussi, l’ouverture d’esprit, le sens critique ou encore la compréhension du monde dans lequel nous vivons ne peuvent exister sans la culture. Mais elle reste si peu accessible à tous. Elle reste l’apanage de certaines catégories sociales aisées… et cultivées. Ça ne va pas ! La culture, ce n’est pas seulement l’affaire des artistes et des « cultureux ». C’est l’affaire de nous tous ; ce qui nous relie, et nous grandit. Et la soif d’apprendre, l’envie de culture, c’est aussi insufflé à l’école. Eh oui, on y revient !

Alors, au-delà de ce jour symbolique du 27 septembre, nous rêvons, et voulons que chaque jour soit une fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la « Communauté » que nous ne partageons pas assez. Et de chaque personne qui la compose.

Oserai-je vous souhaiter une bonne fête ? Oui, j’ose encore…

Barbara Trachte, Députée bruxelloise et députée au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles

(cc) Martine