Après les émeutes dans le centre de Bruxelles cette semaine, les déclarations chocs se succèdent. Les plus inquiétantes reviennent comme d’habitude aux huiles ministérielles NVA qui en remettent sur le feu, l’un en déclarant que ces jeunes étaient « les ramification d’un cancer qu’il faut éradiquer » (rien de moins), l’autre en créant la confusion avec l’immigration en proposant la création d’une police des étrangers chargée de les « débusquer » en cas d’incident (oui, parce que forcément, s’il y a des incidents, il y a des étrangers). Une aubaine de plus donc pour utiliser leur rhétorique d’extrême-droite et capitaliser sur les peurs et les colères légitimes des citoyens. Soyons clairs : le saccage de nos quartiers par des casseurs est insupportable, au même titre que tout amalgame avec les migrants ou nos concitoyens issus de l’immigration.

Plutôt que de réinstaurer la peur de la police comme le demandent certains, pourquoi ne pas plutôt éradiquer la peur ? Et si nous la remplacions par le respect ? Les jeunes ne doivent pas avoir peur de la police, ils doivent la respecter. Et inversement. Les habitants ne doivent pas avoir peur des jeunes, mais avoir la garantie que la loi sera respectée et appliquée et que le cadre des effectifs policiers et judiciaires le sera également. Il manque 40 juges et des centaines de policiers à Bruxelles, le fédéral doit respecter leur difficile travail en leur fournissant les moyens humains et financiers nécessaires. Il faut que les différentes communautés se sentent respectées dans leurs choix, dans leur existence et non méprisées et pointées du doigt à la moindre occasion. Il faut que les droits et libertés de chacun soient respectés, peu importe l’origine, le genre, l’âge, la profession, les convictions. Il faut enfin que les jeunes n’aient plus peur de l’avenir, qu’on ne coupe pas toujours plus dans les acquis sociaux mais qu’on leur offre l’occasion de s’épanouir, de respecter leurs aspirations et leurs rêves, en toute sécurité.

Ce n’est pas utopiste, ce n’est pas bisounours, ce n’est pas déconnecté des réalités. C’est indispensable, c’est urgent, c’est la seule issue.

Guillaume Defossé, Arnaud Pinxteren et Rajae Maouane, coprésidents régionaux

Illustration: Baptiste dessine

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