Myriam, Anouk, Zakia et Walid. Depuis de nombreux mois, ces quatre personnes incarnent le visage des centaines, des milliers d’hébergeurs et d’hébergeuses qui chaque soir accueillent chez eux des migrant.e.s pour leur éviter de passer la nuit dehors et de subir le harcèlement policier. Car en effet, quand le parquet de Termonde a décidé de les poursuivre pour trafic d’êtres humains, c’est toute cette communauté de héros et héroïnes du quotidien qui était en réalité visée. Et naturellement, l’instrumentalisation de la Justice à des fins politiques a scandalisé l’opinion qui s’est mobilisée en nombre. Et puis ce mercredi, la nouvelle tombe enfin. Les quatre militant.e.s sont acquitté.e.s et la présidente du tribunal de Bruxelles souligne même leur générosité extrême dans son jugement. Quelle belle victoire ! La Justice nous démontre cette semaine qu’elle est encore indépendante et que non, la solidarité n’est pas un crime.

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Aujourd’hui, au-delà du symbole qu’il et elles sont devenu.e.s, ces quatre citoyen.ne.s auront besoin de temps pour se reconstruire. Parce que cette épreuve fut longue, difficile, injuste. Perquisitionné.e.s, interrogé.e.s, placé.e.s en détention préventive pendant de longues semaines, coupé.e.s de leurs enfants, mis.e.s sous pression par la justice et la police, confronté.e.s aux doutes, les leurs, ceux de leurs proches… tout cela laisse évidemment des traces indélébiles. Et si ce combat les a renforcé.e.s dans leurs convictions, cela ne doit pas nous faire oublier l’aspect humain derrière le message politique. A ce propos, nous ne devons pas oublier non plus les autres accusés, les hébergés, qui ont eux été condamnés. Condamnés parce qu’ils ont aidés quelques migrants à passer en Angleterre afin de financer leur propre passage, parce qu’ils ont essayé de survivre. Aucun enrichissement personnel, juste obtenir son ticket pour rejoindre son eldorado. Était-ce nécessaire ?

Guillaume Defossé, Rajae Maouane, Barbara de Radiguès
Co-président.e.s de la Régionale de Bruxelles

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