02/218.09.02
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« Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un Noir on disait “tu”, non certes comme à un ami, mais parce que le “vous” honorable était réservé aux seuls Blancs ?» En prononçant ces mots face au Roi des Belges lors de l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Emery Lumumba a signé son arrêt de mort. Quelques mois plus tard, le premier Premier Ministre du Congo était assassiné au Katanga et son corps dissout dans l’acide par des opposants avec l’appui au minimum implicite des Belges.

« Qui oubliera ? » demandait Lumumba. La Belgique, assurément, pendant trop longtemps. L’histoire de la colonisation est pratiquement absente des manuels scolaires. Les monuments à la gloire de cette période ne sont jamais remis en contexte. Et le sujet reste toujours tabou cinquante-huit ans après l’Indépendance du Congo.

Pourtant, grâce à un combat de longue haleine mené par les associations d’afro-descendants et relayé par nos conseillers communaux Zoubida Jellab (Bruxelles) et Ken Ndiaye (Ixelles), l’amnésie coloniale a symboliquement pris fin à Bruxelles. Ainsi, une Place Lumumba verra le jour fin juin à l’entrée de Matonge. C’est un grand pas mais nous souhaitons qu’ils ne soit que le premier d’une marche d’éveil des consciences et d’un travail en profondeur sur une histoire belgo-congolaise qui se doit d’être commune, objective et vivante. Il nous faut aujourd’hui répondre à Patrice Lumumba que nous n’oublierons plus jamais.

Guillaume Defossé, Arnaud Pinxteren et Rajae Maouane

Coprésidents Régionaux

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