02/218.09.02
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– Bruxelles 2.vélo , comment le vélo peut (encore) transformer la vi(ll)e-

Encourager les déplacements à vélo, c’est aussi transformer la ville : diminuer le bruit, améliorer la qualité de l’air, favoriser les rencontres et la convivialité, soutenir l’emploi et l’économie locale. En Europe et ailleurs dans le monde, plusieurs villes montrent la voie : ainsi, Bristol, Copenhague, Nantes, toutes trois récompensées par le titre de Capitale verte européenne, se sont fortement transformées depuis plusieurs années. Un des points communs de cette transformation est le changement opéré en matière d’organisation des déplacements et, singulièrement, la place (re)donnée au vélo.

A Bruxelles, si les ambitions politiques en matière de vélo ont augmenté ces dernières années, force est de constater que le shift modal tant attendu tarde à se faire. Le vélo reste cantonné à une politique de niche et n’est toujours pas considéré comme une solution de mobilité de masse. Alors que des sommes pharaoniques sont investies pour des infrastructures routières et des projets souterrains, le vélo doit se contenter des miettes budgétaires et des restes de voiries, disputant sa maigre pitance avec les piétons ou les transports en commun. A côté de cela, les voitures en circulation mais aussi surtout en stationnement monopolisent l’espace public. Leur vitesse insécurise les usagers actifs. Ce n’est plus acceptable.

Prendre en compte le vélo façonnerait pourtant une autre ville, pas qu’une autre mobilité. Alors qu’en 2017, le vélo fête ses 200 ans il est indispensable que Bruxelles redécouvre aujourd’hui ses vertus : économique, écologique, efficace. Il est surtout indispensable de lui donner sa vrai place.

1. Une place pour le vélo dans les administrations publiques

Alors que la part modale du vélo est aujourd’hui de 6 % et est en constante progression, les moyens humains et financiers dédiés par les pouvoirs publics à la petite reine sont loin d’être équivalents. Ainsi, sur un peu moins de 500 agents (483 en 2015 selon l’audit Ernst & Young) au service de Bruxelles Mobilité, une quinzaine d’entre eux, au grand maximum sont affectés, au développement du vélo.

Ces faibles ressources humaines se traduisent également par la modestie des moyens publics dévolus à ce mode de déplacement. D’après une réponse du ministre de la Mobilité à une question écrite, il apparaît qu’en 2015, un peu moins de 12 millions ont été consacrés à la création d’infrastructures cyclables, sur un budget « travaux publics » total de 727 millions, soit… un peu moins de 2 %.

Ecolo et Groen proposent :

  • d’immédiatement tripler la part du personnel et des moyens budgétaires de la politique de mobilité et de travaux publics dédiés à la politique cyclable et d’augmenter ces moyens humains et financiers dans les 5 ans à la hauteur de l’objectif de part modale pour le vélo (20 % en 2018, d’après Iris 2) ;

  • de créer une ou plusieurs allocations budgétaires spécifiques « politique et infrastructures cyclistes » dans le budget de la Région de Bruxelles-Capitale de Bruxelles Mobilité afin d’identifier précisément les efforts entrepris et les moyens affectés à cette politique.

2. Une place pour le vélo dans l’espace public

Le vélo est un moyen de déplacement efficace à plus d’un titre : économe d’espace et de budgets d’infrastructures, il permet des déplacements rapides. Sur terrain plat, le cycliste dépense 3,5 fois moins d’énergie que le piéton par kilomètre parcouru.

En outre, autrefois réservé à certaines catégories de personne, l’explosion des vélos électriques permet aujourd’hui à un public plus large d’envisager des déplacements plus longs.

Pour faire de Bruxelles une véritable ville cyclable, il faut agir sur deux axes : la modération des vitesses, et la création d’infrastructures.

En effet, si l’actuel gouvernement régional a projeté dans son accord de 2014 la création d’un réseau de 80 km de pistes sécurisées, celles-ci sont encore loin de voir le jour et seuls les 12km de la Petite Ceinture semblent se concrétiser. C’est pourquoi des infrastructures sécurisées doivent être prévues d’urgence sur les grands axes bruxellois afin de développer un véritable Réseau Express Vélo, connecté avec le réseau périphérique bruxellois. C’est une condition indispensable à une augmentation massive des déplacements cyclistes.

Sur les autres axes, et dans l’attente ou dans l’impossibilité de réaliser les infrastructures ad hoc, la vitesse de circulation doit être drastiquement réduite. De nombreux exemples indiquent en effet qu’il s’agit là d’un moyen extrêmement efficace pour favoriser la pratique cycliste : Brême, Hambourg, Ferrare, Bologne, Strasbourg, Gand, Utrecht...

Ecolo et Groen proposent :

  • de ramener la vitesse maximale autorisée en agglomération à 30 km/h, sauf sur les pénétrantes urbaines et les voiries inter-quartiers munies de trottoirs et de pistes cyclables, où le 50 km/h pourrait rester de mise (concept de Ville 30) ;

  • de réaliser des infrastructures de type « cycle super highway » sur les pénétrantes urbaines et les voiries interquartiers, le cas échéant en lien avec les parkings de dissuasion disséminés aux entrées de Bruxelles ;

  • d’assurer sur ces axes une diminution du temps de parcours moyen de l’ordre de 20 % grâce à la mise en place d’un système « d’onde verte » ou de synchronisation adaptée des feux, comme à Copenhague.

3. Des services pour les cyclistes

Encourager la pratique du vélo repose également sur le développement de services utiles et nécessaires.

Ecolo et Groen proposent :

  • le développement d’une application spécifique pour déterminer les itinéraires cyclistes les plus appropriés (incluant les souhaits du type dénivelé, confort du revêtement, rues à l’écart de la circulation automobile, qualité de l’air en temps réel…) ;

  • la mise sur pied d’une offre de location de vélo de longue durée ;

  • la création de points vélos supplémentaires, offrant services techniques et parking sécurisé dans les nœuds de mobilité bruxellois (comme Roodebeek ou la Gare de l’Ouest), notamment au regard du développement des vélos à assistance électrique.

 

 Des photos et vidéos de notre action du dimanche 17/09/2017 ici.