02/218.09.02
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La question de la pollution de l’air dans nos villes, et singulièrement à Bruxelles, est de plus en plus prégnante et préoccupante.

Les pics de pollution se multiplient, les dépassements de normes sont condamnés par l’Europe (depuis 2010), et les seuils préconisés par l’Organisation mondiale de la Santé sont, par endroits, continuellement dépassés.

Chaque année, on estime que 632 bruxellois meurent prématurément de complications liées à la pollution de l’air. Les concentrations de particules fines à Bruxelles sont 80 % plus élevées que les normes admises par l’OMS. L’espérance de vie à Bruxelles en est diminuée d’un an. La pollution de l’air réduit la fonction pulmonaire et aggrave des maladies telles que l’asthme, elle peut également conduire à des maladies cardio-vasculaires et au cancer du poumon. Elle peut entraîner élégamment un poids plus faible des nouveaux nés, et des naissances prématurées.

Le coût de la pollution de l’air en Belgique est évalué à 17 milliards annuellement, soit 6 % de notre PIB.

Il est établi que 67 % des émissions de NO2 (dioxyde d’azote) nocives proviennent du transport routier, dont 96 % des voitures diesel. Le Dieselgate a par ailleurs révélé que même les modèles les plus récents émettent 5 à 10 fois plus de particules ultrafines que le seuil légal. Les scandales liés aux tricheries de l’industrie automobile n’ont pourtant mené, actuellement, à aucune nouvelle mesure notable qui assurerait une amélioration de la qualité de l’air.

Aujourd’hui, de nombreux pays et villes ont pris les devants afin d’améliorer radicalement, dans les années à venir, la qualité de l’air respiré par leurs habitants².

Il est urgent que des mesures fortes soient prises pour Bruxelles également.

L’option prise en Région bruxelloise est de mettre en place une zone basse émission (LEZ) qui prévoit, à l’horizon 2025 d’interdire les véhicules diesel ne répondant pas à la norme EURO6. Pourtant, cette LEZ ne résout pas le problème des émissions de dioxyde d’azote issues des moteurs diesel dès lors que les taux d’émissions mesurés sont nettement supérieurs aux promesses des constructeurs automobiles. Le flou demeure quant à la fiabilité des tests d’émissions polluantes des véhicules motorisés et en particulier des moteurs diesel.

Les écologistes proposent dès lors d’aller un cran plus loin et de bannir bannir tous les véhicules roulant au diesel à l’horizon 2025 en Région de Bruxelles-Capitale.

En conséquence le dispositif et le planning de mise en œuvre de la Zone de Basse Emission bruxelloise (LEZ) doit être revu.

²aux Pays-Bas, le Parlement a déjà voté un projet de loi visant à interdire la vente des véhicules diesel dès 2025 ; en Norvège, dans le Plan national de transport figure l’ambition d’éliminer toute émission de CO2 liée au transport dès 2025 également ; l’Allemagne a également exprimé en juin 2016 son souhait d’interdire les voitures à combustion. « Toutes les nouvelles voitures immatriculées en Allemagne devront être zéro émission d’ici 2030 au plus tard “; en mai 2017, l’Inde a annoncé mettre fin à la vente de véhicules neufs thermiques à partir de 2030 et prépare un grand plan de soutien à l’électromobilité; plus près de chez nous, la Flandre a adopté une résolution fin 2016 dont l’objectif est de bannir les véhicules diesel et essence en 2050, mais dès 2030, un véhicule sur deux vendu devra être électrique. De nombreux pays, dont notamment l’Autriche, le Danemark, la Chine, se sont déjà fixés des objectifs visant à sortir du véhicule thermique dans les années à venir.

Illustration: Copyright Bart Vandewaele