02/218.09.02
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Cette année, le grand jeu de l’été fut la chasse aux réfugiés. Pour rappel, voici les règles :

  1. on profite que les citoyens soient en vacances et donc moins mobilisables ;
  2. on organise des descentes de police régulières pour faire peur, faire fuir, arrêter et renvoyer dans des pays en guerre des réfugiés à la rue, dans les parcs, dans les gares ;
  3. on confisque leurs affaires (sacs de couchage, papiers d’identité, vêtements, etc) et on les jette dans les décharges environnantes, histoire de les fragiliser davantage ;
  4. on contrôle l’identité des bénévoles qui viennent donner un peu (beaucoup) de leur temps pour aider ces personnes à vivre un plus plus dignement ;
  5. on se renvoie la balle (comprenez, l’être humain) sur le mode « Je n’ai pas de compétence en la matière. C’est pas moi qui doit faire, c’est lui. Laissez-moi tranquille, je ne suis qu’un responsable politique » ;
  6. le gagnant est celui qui arrive à chasser le plus de réfugiés sans jamais prendre aucune responsabilité ;
  7. il n’y a jamais aucun perdant, à part bien sûr le réfugié.

La question des réfugiés est avant tout une compétence fédérale et le secrétaire d’état en charge porte évidemment la lourde responsabilité de cette situation inacceptable. Bien sûr, ce n’est un secret pour personne qu’il n’en a cure, qu’il s’en vanterait même. Cependant, les communes, les CPAS, la Région ne peuvent abandonner les réfugiés et les associations à leur propre sort. Ils seraient tout aussi inhumains que le fédéral ne l’est. C’est ensemble, en partenariat avec les associations que des solutions devront être trouvées. En premier lieu, il faut fournir un espace d’accueil, permettant des soins médicaux et sanitaires, une aide juridique et une possibilité d’hébergement. La pression devra alors converger vers le fédéral. C’est le sens de l’appel de Dominique Decoux, présidente du CPAS de Schaerbeek qui relaie les demandes des associations de terrain. Il doit être entendu. A défaut, il ne restera bientôt plus aux réfugiés que les trous dans la voirie pour se cacher.

 

Guillaume Defossé, Rajae Maouane et Arnaud Pinxteren

Coprésidents Régionaux

Photo: Belga

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